Mexique, cinq siècles de vin

Mexique, cinq siècles de vin

1 mars 2018, sur La Cave

Le Mexique ne compte que 216 producteurs pour une surface viticole de 6.500 hectares

Le premier chai des Amériques a été fondé au XVIe siècle au Mexique. Le premier concours de vins mexicains vient de s’y dérouler. Tequila et Mezcal sont les premiers clichés qui sautent aux yeux des explorateurs de saveurs exotiques lorsque l’on évoque le Mexique. Pourtant, le Mexique peut s’enorgueillir de posséder la première cave d’élaboration de vin en Amérique et compte aussi sur un riche patrimoine vinicole en pleine expansion.
La ville de Dolores Hidalgo, située dans l’État de Guanjuato, a accueilli la dernière semaine du mois d’août, la première édition du Mexico Selection, un concours de vins et spiritueux exclusivement consacré aux produits mexicains. Le choix de la ville historique de Dolores Hidalgo, reconnue comme le berceau de l’indépendance, est particulièrement symbolique. C’est en effet sur les marches de l’église de Dolores que le curé Hidalgo a poussé le cri de l’indépendance, “grito de la independencia !”, appelant ainsi les Mexicains à se rebeller contre la couronne espagnole.

Pour comprendre le lien avec le “grito” et le vin, il faut ouvrir le livre d’histoire de cette ancienne colonie espagnole. La vigne y est introduite par le port de Veracruz en 1521 lors de la deuxième expédition de Christophe Colomb. Quelques années plus tard, le gouverneur ordonne aux colons de planter 10 pieds de vigne pour chaque Indien mis à leur service. Et le roi Carlos Voblige tous les bateaux à destination du Mexique d’emporter des plants de vigne et d’olivier. L’essor de la viticulture est explosif et, en 1597, le Mexique comptait plus de 70.000 hectares de vignobles. Conséquence logique, en 1595, les producteurs espagnols, n’arrivant plus à vendre leurs vins dans leur colonie, se plaignirent auprès de Filipe II qui ordonna de détruire toutes les vignes mexicaines afin de protéger les intérêts financiers des producteurs ibériques.

L’ordonnance a été relativement bien appliquée, mais certaines familles influentes, surtout au centre du Mexique, ne se sont pas pliées aux exigences de la couronne. Cette interdiction de produire, liée à une pression fiscale sur les produits importés d’Espagne comme l’huile, le vin ou les céréales ont généré une tension de plus en plus forte. Ce qui explique la détermination du curé de Dolores, dont la famille était toujours propriétaire illégal de vastes vignobles, de trancher le cordon ombilical qui liait le Mexique à son colonisateur, et de pousser en 1810 son peuple à se révolter.
Chaque année, le 15 septembre, jour de la Fête nationale mexicaine, le président de la nation se rend à Dolorès sur les marches de l’église pour pousser le cri de l’indépendance en hommage au curé Hidalgo. L’activité viticole coupée dans son élan pour les raisons évoquées, on peut parler d’un pays viticole à la fois historique, mais aussi émergent. À ce jour, le Mexique ne compte que 216 producteurs pour une surface viticole de 6.500 hectares. Principalement concentrés en Basse Californie. L’expansion du vignoble dans d’autres états comme à Coahuila, Guanajuato, Querétaro, Aguascalientes ou San Luis Potosis est exponentielle.

L’augmentation de la production est quasi exclusivement consacrée au marché domestique et est liée à l’arrivée des jeunes consommateurs, au développement de l’œnotourisme et de l’émergence d’une gastronomie mexicaine innovante poussée par de jeunes chefs talentueux. L’État de Guanajuato, une destination touristique prisée, est un bel exemple du dynamisme viticole. Cuna de tierra, et Santisima Trinidad sont deux caves représentatives du développement du secteur vinicole mexicain.

Ces projets qui ont nécessité des investissements conséquents, sont de taille relativement modeste (± 20 ha), ont tous une dimension touristique et sont orientés vers la production de vins premium. Le fait qu’ils soient situés à 20° sur le parallèle de latitude nord, hors des créneaux situés entre 30° et 50° considérés comme aptes pour la viticulture, est compensé par l’altitude des plantations. Après de 2.000 mètres d’altitude, les températures oscillent entre 22 et 26° C à l’époque de maturation des raisins.
Baudouin Havaux

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