Fabrizio Bucella: « Le vin doit provoquer une émotion »

Fabrizio Bucella: « Le vin doit provoquer une émotion »

18 juin 2018, sur La Cave

L’oenologue Bruxellois cartonne avec son Anti-guide des vins qui s’attaque avec humour aux idées reçues

Professeur de physique à l’ULB, sommelier, futur copatron d’un bar à vins à Bruxelles, directeur d’une école de dégustation (Inter Wine and Dine) et coureur à pied (il vient de taper un chrono de moins d’1h30 aux 20 kilomètres de Bruxelles), cela existe. Même si l’ensemble est un brin hétéroclite, cela nous donne Fabrizio Bucella qui peut vous parler avec emphase et de manière parfois théâtrale de ses derniers coups de cœur. D’un Saint Chinian Borie La Vitarelle 2016 à un Morgon Côte-de-Py de Jean Foillard 2014 en passant par un Muscadet 2015 de Michel Delhommeau (ses trois derniers coups de cœurs), il vous fait saliver.
Mais jamais avec des termes scientifiques incompréhensibles, jamais dans des emberlificotements de cépages dont vous ne retenez pas forcément le nom mais tout dans le plaisir du palais, dans celui de déguster un bon verre. Bloggueur réputé, il écrit régulièrement des chroniques pour la Revue des Vins de France ou encore le Huffington Post. A la demande d’un éditeur français, il a commis un libre vachement sympa, qui ne se prend pas la tête, qui passe en revue une série de questions certes pas forcément existentielles mais qui circulent sur le vin et auxquelles il répond avec humour, parfois avec un brin de férocité mais avec la volonté de démonter quelques tabous. De « Un vin médaille est-il vraiment meilleur que les autres ? » (notre réponse est non) à « Un vin cher est-il forcément bon ? » (notre réponse est encore non), Fabrizio nous emmène dans un univers qu’il adore et dont il était pourtant éloigné.
« Le déclic a eu lieu lors d’un voyage de rhéto où mon prof nous avait emmené en Bourgogne pour visiter caves et restaurants. Et ce fut le coup de foudre pour moi. Durant dix ans, j’y ai été une à deux fois par an pour déguster, visiter, tenter de comprendre le morcellement du terroir, comment faire le vin. Tout mon budget d’étudiants filait dans le vin. »
Ce qui lui a donné, entre la mécanique quantique et les équations différentielles ordinaires, l’envie d’approfondir dans un premier tems ses connaissances avec des cours notamment de sommelier et ensuite de transmettre son savoir. Notamment aux jeunes qui sont autant de consommateurs de demain.
« A l’ULB, nous avons créé le cours de dégustation Inter Wine and Dine qui s’adressent autant à Monsieur Tout-le-Monde qui a envie de découvrir mieux le vin et les étudiants de l’ULB. Lors de chaque séance, nous dégustons six vins dont trois grands. Je n’ai pas envie de les abreuver de théorie mais bien de leur faire apprécier le beau et le bon. C’est la porte d’entrée vers le vin plaisir. Il y a beaucoup de filles/femmes dans ses cours car, ces derniers temps, elles s’ouvrent plus au vin. Souvent cela provient du mystère autour du…père, amateur de vin mais qui ne donnait pas toujours les clés pour comprendre ce plaisir. Car le vin, c’est et cela doit rester le plaisir. Certes, il y a de la technique derrière mais le goût reste le critère numéro 1. »
Ce livre au titre volontairement provocateur (dans la même collection existent aussi un anti-guide du foot et du cinéma) permet de démystifier cette aura autour du vin, ce côté parfois exagérement mystique qui entoure les bouteilles.
« La volonté de la maison d’édition était claire : surtout pas de fiche technique mais tout autour du plaisir du vin. Je ne voulais surtout ne pas dire aux gens ce qu’il faut faire. Trop souvent, on leur explique quel vin acheter, comment le boire, à quelle température, dans quel verre, avec qui,… Il faut arrêter, ce n’est pas un acte scientifique de boire un verre de vin. C’est ouvrir la bouteille et se faire ou faire plaisir. Moi, je veux qu’un vin provoque de l’émotion. Nous avons voulu un ton décalé et humoristique mais avec du sérieux dans les réponses. »
A déguster sans modération. Le livre…

L’anti-guide du Vin
Ce que les autres livres ne vous disent pas
Editions Dunod
Prix : 9.90 euros (prix français)

Nos cinq questions Cash
1. Pourquoi le vin rosé est-il souvent qualifié de mauvais vin ?
C’est évidemment faux car réducteur. Disons la gastronomie et surtout la grande gastronomie a tendance à le snober et donc le mettre sur le côté mais le rosé, ce n’est pas qu’un vin de barbecue. Il existe d’excellents rosés qui supplantent largement certains blancs ou même grands vins de Bordeaux.
2.Pourquoi les femmes préfèrent-elles le vin blanc ?
Ce n’est pas non plus une généralité mais c’est exact. Comme on dit que les Flamands préfèrent le vin blanc et les Wallons le rosé. Il s’agit principalemen d’une question de tannin. Le vin rouge est plus agressif et assèche davantage la bouche. Le vin blanc est plus délicat.
2. Pourquoi dit-on que le millésime 2017 est mauvais ?
Les années 2015 et 2016 ont été de très bons et beaux millésimes mais 2017 a été caractérisé par des conditions climatiques désastreuses. Notamment l’arrière-saison où beaucoup se joue pour la maturation des raisons. Il y aura du très bon vin mais il ne faut pas se faire d’illusion, la qualité va globalement diminuer. Cela ne signifie pas que c’est imbuvable mais qu’il n’y a pas beaucoup de possibilités de garde. Il faut donc boire le millésime 2017 rapidement .
3. Pourquoi le vin belge est-il si cher ?
La grandeur des exploitations y est pour beaucoup. Néanmoins, je connais de bons vin belges comme le blanc de chez Mellemont à 10 euros. Rapport qualité-prix, c’est parfait.
4. Est-il normal que le vin au verre soit si cher dans une brasserie ou un restaurant ?
Dans l’absolu non évidemment même si l’établissement y gagne une partie de sa marge. Je n’aime pas quand vous avez l’impression de payer le prix réel de la bouteille en consommant un seul vin. Néanmoins, tout est une question de plaisir de dégustation. Le prix n’est pas un frein si c’est bon. Par contre, je déconseillerai de prendre le forfait vin au restaurant. Neuf fois sur dix, j’ai été déçu par la qualité des vins proposés.

Jean-Marc Ghéraille

  • Les vraies pâtes à la carbonara

    Recettes les plus appréciées

    603

    • Total

    • 15 mins

    • CUISSON

    • 10 mins

    • Bon marché
    • Facile
  • Roulades d'aubergines à la mozzarella, sauce tomatée

    Recettes les plus appréciées

    348

    • Total

    • 20 mins

    • CUISSON

    • 10 mins

    • Bon marché
    • Facile
  • Boulettes de viande farcies à la mozzarella, frites bio à l'huile d'olive

    Recettes les plus appréciées

    316

    • Total

    • 40 mins

    • CUISSON

    • 30 mins

    • Bon marché
    • Facile
  • Croque-monsieur roulé, pesto à la pistache

    Recettes les plus appréciées

    218

    • Total

    • 15 mins

    • CUISSON

    • 5 mins

    • Bon marché
    • Facile
  • Une salade dans son bol de parmesan

    Recettes les plus appréciées

    217

    • Total

    • 30 mins

    • CUISSON

    • 4 mins

    • Abordable
    • Facile